Conseil syndical : rôle, pouvoirs et élection

Réunion de copropriétaires autour d'une table
Photo : Weavehall Collective via Pexels

En bref

  • Le conseil syndical assiste le syndic et contrôle sa gestion. Il ne remplace ni le syndic ni l'assemblée générale, sauf délégation expresse.
  • Ses membres sont élus par l'assemblée générale à la majorité de l'article 25, pour trois ans au plus, parmi les copropriétaires et quelques proches assimilés.
  • Il peut se faire communiquer toute pièce relative à la gestion de la copropriété et mène la mise en concurrence des syndics.
  • Depuis 2019, l'assemblée peut lui déléguer certaines décisions relevant de la majorité de l'article 24, s'il compte au moins trois membres.

Dans une copropriété qui fonctionne bien, il y a presque toujours un conseil syndical actif. C'est lui qui pose les bonnes questions au syndic, épluche les comptes avant l'assemblée, compare les devis et fait le lien entre les copropriétaires et le gestionnaire. Pourtant, son rôle exact reste flou pour beaucoup. Que peut-il exiger ? Que peut-il décider ? Comment y entrer ? Ce guide fait le point.

Le conseil syndical, à quoi ça sert ?

L'article 21 de la loi du 10 juillet 1965 lui confie une double mission : assister le syndic et contrôler sa gestion. Il donne en outre son avis au syndic ou à l'assemblée générale sur toutes les questions concernant le syndicat, pour lesquelles il est consulté ou dont il se saisit lui-même.

Il est l'intermédiaire naturel entre les copropriétaires et le syndic. La logique générale est la suivante :

  • l'assemblée générale décide ;
  • le syndic exécute et gère ;
  • le conseil syndical contrôle, conseille et, si on le lui délègue, décide de certaines questions courantes.

Est-il obligatoire ?

En principe, oui : toute copropriété doit instituer un conseil syndical. L'assemblée peut toutefois décider de ne pas en constituer, à la majorité renforcée de l'article 26. Dans les petites copropriétés (cinq lots au plus ou budget moyen inférieur à 15 000 €), il est facultatif. Quand aucun copropriétaire ne se porte candidat, un procès-verbal de carence est dressé et la copropriété fonctionne sans conseil syndical.

Qui peut en être membre ?

Les membres sont choisis parmi :

  • les copropriétaires ;
  • les associés d'une société propriétaire d'un lot, ou ses représentants légaux ;
  • les conjoints ou partenaires de Pacs des copropriétaires, leurs représentants légaux ;
  • les usufruitiers.

En revanche, le syndic, son conjoint ou partenaire, ses ascendants ou descendants, ses préposés et leurs proches ne peuvent pas en faire partie, même s'ils sont copropriétaires. Un locataire ne peut pas non plus être membre.

Élection et durée du mandat

Les membres sont élus par l'assemblée générale à la majorité de l'article 25, avec la possibilité d'un second vote à l'article 24 si le candidat a obtenu au moins un tiers des voix. Le règlement de copropriété ou l'assemblée fixe le nombre de membres. Le mandat ne peut excéder trois ans et il est renouvelable.

Le conseil élit lui-même son président parmi ses membres. Les fonctions de membre du conseil syndical ne sont pas rémunérées, mais les frais engagés (déplacements, photocopies, recours à un expert autorisé) peuvent être remboursés par le syndicat.

Les pouvoirs du conseil syndical

Un droit d'accès à tous les documents

Le conseil syndical peut prendre connaissance et copie, à sa demande et après en avoir donné avis au syndic, de toute pièce ou document, correspondance ou registre se rapportant à la gestion du syndic et à l'administration de la copropriété. Il peut aussi recevoir, sur sa demande, communication de tout document intéressant le syndicat.

Si le syndic ne transmet pas une pièce dans le délai d'un mois suivant la demande, des pénalités de 15 € par jour de retard s'imputent sur sa rémunération forfaitaire annuelle. C'est un levier efficace, prévu par le contrat-type.

Le contrôle des comptes

Avant l'assemblée qui approuve les comptes, le conseil syndical vérifie les pièces justificatives : factures, contrats, relevés bancaires du compte séparé, répartition des charges. C'est le moment de repérer les erreurs d'imputation, les factures en double ou les frais non prévus au contrat.

La mise en concurrence du syndic

Avant chaque désignation du syndic, le conseil syndical met en concurrence plusieurs projets de contrats. C'est une obligation, sauf si l'assemblée y a renoncé l'année précédente. Notre guide pour changer de syndic détaille la démarche.

L'avis sur les marchés et contrats

L'assemblée fixe, à la majorité de l'article 25 :

  • le montant des marchés et contrats à partir duquel la consultation du conseil syndical est obligatoire ;
  • le montant à partir duquel une mise en concurrence des entreprises est obligatoire.

La convocation de l'assemblée en cas de carence

Si le syndic ne convoque pas l'assemblée alors qu'il est tenu de le faire, le président du conseil syndical peut le mettre en demeure ; si la mise en demeure reste sans effet pendant huit jours, il peut convoquer lui-même l'assemblée.

Ce que le conseil syndical peut faireCe qu'il ne peut pas faire
Obtenir copie de tout document de gestionDonner des ordres au syndic hors délégation
Contrôler les comptes et les facturesApprouver seul les comptes ou voter le budget
Mettre en concurrence les syndicsDésigner le syndic à la place de l'AG
Donner son avis sur les contrats et travauxEngager des dépenses non autorisées
Convoquer l'AG si le syndic est défaillantModifier le règlement de copropriété
Décider de certaines questions, sur délégationDécider de questions relevant des articles 25 ou 26

À lire : Syndic de copropriété : rôle, obligations et coût en 2026

La délégation de pouvoirs au conseil syndical

L'ordonnance du 30 octobre 2019 a créé un mécanisme important (articles 21-1 et suivants de la loi de 1965) : lorsque le conseil syndical compte au moins trois membres, l'assemblée peut lui déléguer le pouvoir de prendre toutes les décisions relevant de la majorité de l'article 24, sauf exceptions.

Les conditions :

  • la délégation est votée à la majorité de l'article 25 ;
  • elle est donnée pour une durée maximale de deux ans, renouvelable ;
  • l'assemblée fixe le montant maximum des sommes allouées ;
  • elle ne peut pas porter sur l'approbation des comptes, le vote du budget prévisionnel ou les adaptations du règlement de copropriété rendues nécessaires par l'évolution de la loi ;
  • le syndicat doit souscrire une assurance responsabilité civile pour chacun des membres du conseil syndical ;
  • le conseil rend compte de l'exercice de sa délégation devant l'assemblée, dans un rapport.

Cette délégation est très utile pour accélérer les petites décisions (remplacement d'un équipement, choix d'un prestataire d'entretien) sans attendre l'assemblée annuelle. Elle suppose un conseil disponible et organisé.

Le rôle du président du conseil syndical

Le président anime le conseil, coordonne ses travaux et sert d'interlocuteur privilégié du syndic. Il dispose de prérogatives propres :

  • convoquer l'assemblée générale en cas de carence du syndic, après mise en demeure ;
  • agir, avec le nouveau syndic, pour obtenir la remise des fonds et archives par un ancien syndic défaillant ;
  • dans le syndic coopératif, exercer lui-même les fonctions de syndic.

Il n'a en revanche aucun pouvoir de décision individuel sur la gestion de l'immeuble, sauf mandat spécial.

Bonnes pratiques pour un conseil syndical efficace

  • Se réunir régulièrement, au moins une fois par trimestre, avec un compte rendu écrit.
  • Faire une visite annuelle de l'immeuble avec le gestionnaire pour lister les travaux à prévoir.
  • Préparer l'assemblée avec le syndic : ordre du jour, devis, projets de résolutions clairs.
  • Vérifier les comptes avec une méthode : rapprochement du budget voté et des dépenses réelles, contrôle des contrats et des factures importantes.
  • Informer les copropriétaires : un court rapport annuel du conseil, joint à la convocation, renforce la confiance et la participation.
  • Anticiper les obligations énergétiques : DPE collectif, plan pluriannuel de travaux, financement par le fonds de travaux.

À lire : Assemblée générale de copropriété : convocation, délais et déroulement

Responsabilité des membres du conseil syndical

Les membres du conseil exercent un mandat gratuit. Leur responsabilité ne peut être engagée qu'en cas de faute, appréciée moins sévèrement que pour un mandataire rémunéré. Elle est toutefois réelle lorsque le conseil exerce une délégation de pouvoirs : c'est la raison pour laquelle la loi impose alors au syndicat de les assurer.

Méthode : contrôler les comptes en une soirée

  1. Comparer budget voté et dépenses réelles, poste par poste. Tout écart de plus de 10 % mérite une explication.
  2. Vérifier les contrats : le montant facturé par les prestataires (ménage, ascenseur, chauffage) correspond-il au contrat en vigueur et à son indexation ?
  3. Contrôler les honoraires du syndic : forfait conforme au contrat, prestations particulières autorisées et justifiées (voir notre guide des honoraires de syndic).
  4. Examiner les factures importantes et les travaux : votés en assemblée ? Réalisés ? Réceptionnés ?
  5. Regarder les impayés : montant, ancienneté, actions de recouvrement engagées.
  6. Vérifier le compte du fonds de travaux : cotisations appelées et solde.
  7. Rédiger une courte note pour l'assemblée, avec les points de vigilance et les réponses obtenues du syndic.

Les erreurs fréquentes

  • Se comporter en « second syndic » en donnant directement des instructions aux prestataires, sans délégation.
  • Ne se réunir qu'une fois par an, la veille de l'assemblée.
  • Négliger la mise en concurrence du syndic par habitude ou par manque de temps.
  • Ne pas garder de trace écrite des demandes adressées au syndic : impossible ensuite de faire jouer les pénalités de retard.
  • Ne pas communiquer avec les autres copropriétaires, qui découvrent les sujets le jour de l'assemblée.

Exemple : un conseil syndical qui change la donne

Dans une résidence de 60 lots, le conseil syndical, longtemps peu actif, se renouvelle avec trois nouveaux membres. En un an, il obtient du syndic la communication des contrats, découvre que le contrat d'entretien de l'ascenseur n'a pas été remis en concurrence depuis dix ans, et que des honoraires de gestion de sinistres ont été facturés pour des dossiers déclarés par les copropriétaires eux-mêmes. Il demande et obtient le remboursement de ces honoraires, fait voter une mise en concurrence de l'ascensoriste et présente en assemblée un rapport d'activité de deux pages. L'année suivante, il conduit la mise en concurrence du syndic, qui accepte de revoir son forfait.

Ce scénario n'a rien d'exceptionnel : il illustre simplement l'usage des droits que la loi donne au conseil syndical. Le temps investi est modeste au regard des économies et de la qualité de gestion obtenues.

À lire : Entretien des parties communes : obligations, contrats et coûts

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Questions fréquentes

Le conseil syndical peut-il prendre des décisions à la place de l'assemblée ?

Seulement s'il a reçu une délégation de l'assemblée, votée à la majorité de l'article 25, pour des décisions relevant de la majorité de l'article 24, dans la limite d'un montant et d'une durée de deux ans au plus.

Comment devenir membre du conseil syndical ?

Faites inscrire votre candidature à l'ordre du jour de la prochaine assemblée en écrivant au syndic, ou présentez-vous en séance si le point « élection du conseil syndical » est déjà prévu. L'élection se fait à la majorité de l'article 25.

Les membres du conseil syndical sont-ils rémunérés ?

Non, leurs fonctions sont gratuites. Les frais qu'ils engagent pour l'exercice de leur mission peuvent toutefois leur être remboursés par le syndicat.

Un locataire peut-il faire partie du conseil syndical ?

Non. Seuls les copropriétaires, certains proches assimilés (conjoint, partenaire de Pacs, usufruitier) et les représentants des sociétés propriétaires peuvent être élus.

Que faire si le syndic refuse de transmettre un document au conseil syndical ?

Formalisez la demande par écrit. Passé un mois sans réponse, des pénalités de 15 € par jour de retard s'imputent sur la rémunération forfaitaire du syndic. Le refus répété peut justifier le non-renouvellement de son mandat.

Sources

Information générale. Cet article présente les règles applicables à la date de sa mise à jour, à partir des textes officiels cités en sources. Il ne remplace pas un conseil personnalisé : pour une situation particulière, rapprochez-vous d'une ADIL (conseil gratuit), d'un notaire ou d'un avocat.

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